De Tocqueville à Trump : près de 200 personnes réunies à l’Assemblée nationale
Le 7 juillet, j’ai eu le plaisir de réunir près de 200 personnes à l’Assemblée nationale pour un événement organisé autour du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis et de l’avenir de la démocratie américaine.
Cette rencontre ne pouvait pas se limiter à célébrer notre histoire commune. Elle devait aussi permettre de regarder avec lucidité les fragilités qui traversent aujourd’hui nos démocraties.
Sous la modération d’Anne-Cécile Robert, Laurence Nardon, Romuald Sciora, Cole Stangler, Michael Nafi et Raphaël Imbert ont croisé leurs regards sur l’évolution de la société américaine, la polarisation du débat public, la défiance envers les institutions, mais aussi le rôle des médias, des réseaux sociaux et de la culture.
Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a replacé ces échanges dans leur dimension européenne et transatlantique. Face aux bouleversements internationaux, l’Europe doit continuer à entretenir une relation étroite avec les États-Unis, tout en renforçant sa capacité d’action et en défendant clairement ses principes démocratiques.
Les débats ont également montré combien les réflexions de Tocqueville restent actuelles. La démocratie ne repose pas uniquement sur les élections. Elle suppose des contre-pouvoirs solides, une justice indépendante, une presse libre, une société civile active et la reconnaissance de la légitimité de l’adversaire politique. Lorsque la défaite électorale est systématiquement contestée, que la justice est attaquée dès qu’elle déplaît ou que l’adversaire devient un ennemi, c’est tout l’édifice démocratique qui se fragilise.
Les nombreuses questions du public ont permis de prolonger la réflexion sur l’avenir des États-Unis, le rôle de l’Europe et les transformations de la relation transatlantique.
Je retiens de cette soirée une conviction : l’amitié entre la France et les États-Unis ne signifie ni le silence ni l’alignement. Elle nous oblige, au contraire, à parler franchement, à défendre l’État de droit et à faire vivre l’héritage démocratique que nos deux pays ont contribué à construire.
Je remercie chaleureusement Benjamin Haddad, l’ensemble des intervenants et toutes celles et ceux qui ont participé à la richesse de ces échanges.