Protéger notre jeunesse face au pouvoir des réseaux sociaux
Ce 21 juillet, j’ai voté en faveur de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux. Définitivement adopté par l’Assemblée nationale, ce texte fixe désormais une règle claire : pas d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans.
Cet engagement, porté depuis plusieurs années par Gabriel Attal et notre groupe, répond à une urgence. Les études comme les témoignages documentent les conséquences d’une exposition trop précoce : perte de concentration, troubles du sommeil, cyberharcèlement, comparaison permanente, dégradation de l’estime de soi ou accès à des contenus violents et inadaptés.
Face à ces risques, nous ne pouvons pas laisser les parents seuls. Ils ont évidemment un rôle central dans l’éducation numérique de leurs enfants, mais leur responsabilité individuelle ne peut pas servir d’excuse à l’inaction collective.
Derrière les discours libertaires des « tech bros », il existe surtout un modèle économique fondé sur la captation de l’attention. Les grandes plateformes utilisent des algorithmes conçus pour nous retenir le plus longtemps possible, recueillir toujours davantage de données et multiplier les interactions. Un enfant ne devrait pas avoir à affronter seul des mécanismes développés par certaines des entreprises les plus puissantes du monde.
Elon Musk et les géant de la tech ne peuvent pas décider seuls des règles de notre espace numérique. Lorsque les plateformes refusent de modérer correctement les contenus, privilégient l’engagement à tout prix ou considèrent toute régulation comme une atteinte à leur liberté, il appartient à la puissance publique de protéger les citoyens, et d’abord les plus jeunes.
La loi prévoit donc une vérification de l’âge respectueuse de la vie privée, sans donner aux plateformes accès aux documents d’identité ou aux données personnelles utilisées pour ce contrôle. Elle interdit également l’usage des téléphones portables dans les lycées à partir de la rentrée, comme c’est déjà le cas dans les collèges.
Il ne s’agit pas de rejeter le numérique ni de prétendre qu’une interdiction réglera, à elle seule, toutes les difficultés. L’éducation aux médias, la prévention, la responsabilisation des plateformes et l’accompagnement des familles resteront indispensables.
Mais protéger la liberté, c’est aussi savoir fixer des limites. Avec ce texte, nous faisons le choix de rendre aux jeunes du temps pour apprendre, dormir, pratiquer un sport, se cultiver, rencontrer les autres et grandir loin de la pression permanente des écrans.